Quand, en 2020, la Maison du Grand-Duc a été instaurée, l’affaire avait fait grand bruit. Comment le Gouvernement osait-il contraindre son altesse à dévoiler ce qu’il faisait de “son” argent. Ou du moins des sommes que le pays versait à la famille pour entretenir son train de vie et honorer toutes les missions de représentation du Luxembourg. Mais, le Premier ministre d’alors Xavier Bettel avait bien insisté sur la nécessité de cette transparence financière, notamment pour distinguer les dépenses relevant effectivement des fonctions officielles et celles liées à la vie courante du Grand-Duc et ses proches.

Si le pli a été désormais pris que, chaque année, la Chambre des députés décide d’un budget alloué (22 millions d’euros pour 2024), elle attend un retour un  bilan de la ventilation de cette somme. Et dernièrement les parlementaires membres de la Commission de l’exécution budgétaire ont eu l’occasion de se pencher sur les comptes. En tous cas pour leur version 2021 et 2022 qui viennent de faire l’objet d’un rapport de la Cour des comptes.

L’exercice n’est pas simple. Soit parce que, comme le souligne Luc Frieden, le monarque « n’est pas un citoyen ordinaire » et que chacune de ses actions relèveraient des fonctions officielles. « Il est toujours dans son rôle de chef de l’État », insiste d’ailleurs le Premier ministre. Délicat aussi parce que l’on voit mal la Cour faire appel à d’autres personnels que les employé-e-s au quotidien pour assurer certains événements à caractère plus privatifs (service, sécurité, etc).

Noir sur blanc

Mais, en commission, des députés ont bien insisté pour que la transparence reste bien la plus totale. Le député socialiste, Franz Fayot, estime que sans cela « il pourrait y avoir des abus ». Un condition qui sied à la situation car, pour l’heure, les experts de la Cour des comptes ne pas relever d’entorses coûteuses à la ligne édictée pour la Maison du Grand-Duc.

Rapporteuse de la commission, la députée Stéphanie Weydert reconnaît qu’il faudra sans doute être plus précis dans la définition ou le compte-rendu fait sur  l’usage de la quarantaine de personnels notamment. Des critères qu’il conviendra de noter noir sur blanc.

Tout comme il faudra insister auprès de la Cour, et sa nouvelle Maréchale (Sasha Baillie) pour qu’enfin soit achevé l’inventaire demandé depuis 5 ans maintenant. Ce document a pour but de référencer, un à un, les biens « appartenant aux membres de la famille grand-ducale qui contribuent à l’exercice des fonctions de chef de l’État et dont l’entretien, la réparation ou la rénovation sont pris en charge par l’État ».

Le dénombrement serait presque achevé, mais pas encore fini… De quoi là encore laisser un flou dans ce que les deniers publics doivent prendre à leur charge ou non parmi « une dizaine de milliers d’objets ». Et donc l’élaboration des budgets à venir. Sachant que l’enveloppe allouée à la Maison du Grand-Duc a déjà doublé en quatre exercices, il convient ce qui pourrait faire l’objet de “contributions” à l’avenir.

Car dans la somme allouée à la Maison du Grand-Duc, outre la “dotation” personnelle du Grand-Duc (523.000 €/an) ou celui de celui qui restera prince héritier jusqu’à cet automne, Guillaume (238.000 €/an), il y a aussi les revenus des personnels, les coûts pour la maintenance des résidences (Palais grand-ducal ou Château de Berg) comme des véhicules officiels, les frais de communication ou voyages diplomatiques, etc.

Ramenée au nombre d’habitants du Luxembourg, il convient de noter que la “charge” liée à la Cour grand-ducale pèse peu. Ainsi, chaque citoyen contribue pour près de 37 euros par an à cette dépense.

 

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