Papa est devenu un job cool ! En tous cas, davantage de pères n’hésitent plus à se mettre en retrait de leur emploi pour s’occuper de leur fils ou filles avant ses 7 ans. Un congé parental devenu en 2016 plus flexible et financièrement moins “pénalisant” et qui, dès lors, a vu bondir le nombre d’hommes préférant bénéficier de l’indemnité que de leur salaire.

L’an passé encore, sur les quelque 13.600 bénéficiaires du “revenu de remplacement” accordé par la Caisse pour l’avenir des enfants (CAE), on comptait une minorité de mamans (41%).

La bascule a eu lieu en 2018, ont constaté les services de la Zukunfstkeess. Et depuis, invariablement et quel que soit la formé du congé parental choisi (plein temps, mi-temps, fractionné), les papas figurent en tête des bénéficiaires de l’allocation allouée. Et l’on parle de près de 395,6 millions d’euros versés en 2024. Un record.

Analysé par le LISER, le constat se résume ainsi : parmi les actifs du Luxembourg (résidents ou frontaliers), on assiste à « une parentalité plus partagée ». Et dans une récente étude, l’Institut de recherche socio-économique luxembourgeois note ainsi que la part des pères luxembourgeois sollicitant ce congé est passé de 8 à 17% rapidement, et que la même tendance est visible côté frontaliers. Avec un pic notamment pour les papas allemands travaillant au Grand-Duché, un quart n’hésitant plus à prendre ce temps pour rester aux côtés de leurs fils ou filles.

Dans une étude, les chercheuses Marie Valentova, Merve Uzunalioglu et Kristell Leduc ont remarqué que les changements les plus significatifs « ont eu lieu d’abord parmi les nouveaux pères (post 2016) et, parmi les groupes de revenus moyens et inférieurs ».

Il est vrai qu’en réhaussant l’indemnité minimale versée, l’État encourageait plus de monde à solliciter cet outil de la politique familiale. Aujourd’hui, pour un papa jusqu’alors à temps plein (40h/semaine) et prenant son congé “complet”, l’indemnité la plus basse est fixée à 2.637 euros brut. Le maxima étant lui plafonné à 5 tiers du Salaire social minimum. Donc 4.395 € brut mensuel.

Sans doute la masculinisation du congé parental tient-il aussi dans l’évolution des états d’esprits. Au sein du couple d’abord où il est de plus en plus compris que la femme ne soit pas la seule à assumer le “break professionnel” de la naissance et de l’éducation d’un enfant.

Par ailleurs, le Grand-Duché a fait en sorte que ce congé ne soit pas attribuée à un seul parent. Ceux-ci ont en effet la possibilité de se partager les mois accordés.

En entreprise aussi, la hiérarchie comprend de mieux en mieux qu’en favorisant l’équilibre vie pro/vie privée, l’employeur retrouve des salarié-e-s mieux dans leur peau, et donc plus productif et plus attaché à leur entreprise au final.

Par ailleurs, l’impact négatif sur la carrière que pouvait sans doute redouter certains papas a moins lieu d’être aujourd’hui qu’avant la réforme de 2016. Ainsi, il est désormais clairement acté que le licenciement du (ou de la) bénéficiaire du congé parental est interdit durant sa prise.

 

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