Après le cancer, ce que la CNS prend en charge
Publié
par
Patrick Jacquemot
le 04/04/2025 à 12:04

C’est au milieu du fichier B1 de la Caisse nationale de santé qu’il faut chercher. Là, entre béquilles et bandes de contention, se trouve le montant de ce que l’Assurance-maladie du Luxembourg octroie à ses assuré-e-s que, notamment, des soins contre le cancer ou une maladie peuvent rendre chauves. Perruque, le mot est là parmi les centaines de “dispositifs médicaux de petite envergure” que la CNS rembourse.
Et depuis des années le forfait attribué pour l’achat à cet accessoire est de 350 euros. Une somme qui peut être accordée une fois par an pour ce type d’acquisition. En 2023, la Caisse a ainsi pris en charge pour 114.500 € de “”prothèse capillaire” pour 324 femmes et 6 hommes.
La démarche à suivre pour obtenir le soutien financier de la Caisse de santé est clairement fléchée. D’abord, il faut que la perruque soit prescrite via ordonnance médicale. La copie du document est alors à envoyer à la Caisse qui, en retour, émet un titre de prise en charge. Une fois le complément capillaire acheté, l’assuré-e doit expédier à la CNS l’original de l’ordonnance cette fois, le titre de prise en charge et la facture acquittée. Le dédommagement suivra ensuite.
Éléments de guérison
Le plus souvent, les perruques sont prescrites à la suite d’une chimio ou radiothérapie. La perte des cheveux étant un effet secondaire du traitement. Mais il est également possible de subir le même désagrément en cas de maladie de peau (comme l’alopécie). De plus, il est entendu qu’un toupet est aussi envisageable à la suite d’une intervention chirurgicale à la tête. Cela pouvant, temporairement ou plus définitivement, masquer une cicatrice crânienne.
Suite à l’ablation possible du sein (mastectomie), la CNS remboursera 20 € pour une prothèse provisoire en mousse. Avec un montant ensuite relevé à 205 € pour une prothèse externe ou près de 252 € pour une prothèse silicone.
En 2023, cela a entraîné une dépense de 88.000 euros pour la Caisse. Somme redistribuée auprès de 419 assurées.
À la Fondation cancer, on scrute particulièrement les montants remboursés. Avec toujours un regret : « Sur les soins la CNS est particulièrement efficace, mais il y a tout le reste. Le cancer, ce n’est pas un one-shot. Pour certain-e-s patient-e-s, cela va imposer des contraintes, des effets secondaires sur plusieurs mois, années, à vie parfois. Et là, le manque de soutiens financiers peut devenir préjudiciable », assure Martine Risch. Et la psycho-oncologue de la Fondation de compléter : « Il ne faut pas que la question financière se mue en menace existentielle pour les malades. La qualité de vie, le bien-être sont autant d’éléments de guérison à ne pas négliger ».
Voilà pourquoi la Fondation revendique la prise en charge d’autres “accessoires”, d’autres soins. Comme pour les soutiens-gorge spéciaux ou les brassières. « Ce sont des pièces qui peuvent coûter cher en magasin spécialisé, et il faut prévoir le rechange. Cela peut être une nécessité pour faciliter le quotidien, cela mériterait donc d’être indemnisé ».
Une meilleure prise en charge est également attendu sur les traitements antidouleurs ou antidépresseurs qui peuvent être prescrits à la suite d’une opération, d’un traitement. Tout comme pour le tatouage de l’auréole après une mastectomie. « Ce n’est pas seulement une question esthétique, cela participe à la reconstruction de la personnalité. Pour certaines femmes, ce sera primordial pour s’en sortir. »
Tout comme certains hommes, après un cancer de la prostate, peuvent souffrir de troubles de l’érection qui peut les perturber. « Si pour Monsieur-tout-le-monde, on peut comprendre que la CNS ne rembourse pas forcément les médicaments adaptés, dans le cadre d’un suivi de traitement, cela devrait pouvoir être possible », ajoute Martine Risch.
Il en va aussi d’un meilleur accompagnement des “soins supports”. Le suivi par un kiné ou un diététicien, ce n’est pas forcément une action limitée dans le temps, mais un parcours qui peut s’inscrire sur la durée. Et là, le règlement de la CNS peut s’avérer trop restrictif sur le nombre de séances remboursées. « Même chose pour les séances auprès d’un psychologue. Si des hôpitaux, des associations ou la Fondation proposent un accompagnement gratuit, cela ne peut pas reposer sur leurs seules épaules.»
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