Non, les employés du secteur privé ne recevront pas de prime pour chefs de famille (autrement connue sous l’appellation officielle d’allocation de famille). Tel est le choix décidé au terme d’un débat public à la Chambre des députés. Entrevue qui faisait suite au succès rencontré par une pétition réclamant justement cet élargissement du dispositif.

« L’État luxembourgeois verse cette prime à ses fonctionnaires et employés en tant qu’employeur», a expliqué la présidente de la commission des pétitions, la députée Françine Closener (LSAP), au terme des échanges. Un bonus qui permet à l’Administration de se montrer comme possiblement un employeur plus attractif.

Mais, faute de texte contraire, les entreprises privées ont aussi la possibilité d’attribuer une telle prime – par exemple en le mentionnant à la signature du contrat de travail ou d’une convention collective. Il ne serait pas du rôle de l’État d’imposer la démarche, ont estimé parlementaires et ministres. «Personne ne soutient un tel projet », a ajouté Françine Closener.

De quoi parle-t-on ? L’État verse à ses fonctionnaires et employés une ” allocation de famille ” d’environ 600 euros par mois s’ils sont parents. Une somme accordée quel que soit le nombre d’enfants. La condition est qu’ils perçoivent déjà des allocations familiales de la Caisse pour l’avenir des enfants ou qu’ils aient un enfant de moins de 27 ans vivant sous leur toit qui est coassuré avec eux.

Selon un rapport du ministère de la Fonction publique, 52% des employés du secteur public percevaient cette allocation en 2021.

Question d’équité

La pétitionnaire, Dara Miranda, voit dans cette inégalité entre privé et public une injustice qu’elle tente de réparer. Selon elle, la prime devrait être versée à toutes les personnes qui ont un enfant à leur charge. Une question d’équité donc.

4.823 personnes ont soutenu cette demande par une signature. Le quorum de 4.500 signatures était ainsi dépassé et la pétitionnaire a eu l’occasion de plaider sa cause auprès des députés et des ministres présent.

Françine Closener a tout de même remercié la pétitionnaire (visiblement déçue) pour son engagement. Tout comme elle a salué son action pour avoir attiré l’attention sur la situation de nombreux enfants au pays dont les parents ont des difficultés à joindre les deux bouts. Selon le Statec, il s’agirait d’1 enfant sur 4 se retrouvant ainsi menacé par la pauvreté.

 

➕Estimez vos allocations familiales
avec notre calculatrice