À la vérité, elles restent plutôt rares. Mais, depuis mars 2024, que Police luxembourgeoise et Gendarmerie française effectuent des patrouilles conjointes est possible. Fait même puisque 6 opérations en commun ont déjà été menées dans les rames TER ou SNCF en circulation entre les deux pays. Et le ministre des Affaires intérieures luxembourgeoises n’est pas mécontent des résultats visiblement.

Ainsi, Léon Gloden vient-il de lister le “fruit” de ces descentes dans les trains transfrontaliers. Les opérations auraient permis de constater « 6 infractions dans le domaine de l’immigration irrégulière et 2 liées à la possession de stupéfiants ». “Pas grand-chose” diront les uns, “déjà ça” applaudiront les autres.

En tous cas, le dispositif instauré depuis peu va continuer à se déployer dans les transports ferroviaires entre Hexagone et Grand-Duché. Mais aussi dans les liaisons vers la Belgique et l’Allemagne d’ailleurs. Il est vrai que Luxembourg, Bruxelles et Berlin avaient déjà finalisé un accord pour l’organisation de telles patrouilles au-delà des frontières.

Une mesure compensatoire

Mais pour Léon Gloden noter que ces “rondes” permettent de mettre en évidence des infractions en lien avec la circulation irrégulière d’étrangers est une notion intéressante. En tous cas, un fait à mettre en évidence auprès de ses interlocuteurs allemands.

En effet, si le voisin germanique a décidé de renforcer ses contrôles aux frontières (pour mieux contrôler l’immigration irrégulière), les conséquences de cette décision pèse lourdement sur les déplacements d’une bonne partie des 52.000 navetteurs rejoignant/quittant le Luxembourg chaque jour vers l’Allemagne. Le Luxembourg a d’ailleurs déposé un recours auprès de la Commission européenne contre cette méthode. Pénalisant pour l’attrait du pays auprès des frontaliers de Sarre et Rhénanie et pas forcément dans l’esprit des Accords de Schengen.

Aussi le ministres des Affaires intérieures entend proposer à son nouvel homologue allemand de revoir les accords bilatéraux passés. Le but serait de lever un peu les barrages mais encourager les patrouilles communes notamment dans les trains.

Et l’argumentaire de Léon Gloden semble déjà bien au point : « Je suis persuadé que de telles patrouilles mixtes renforceront considérablement le sentiment de sécurité des voyageurs et produiront des effets aussi bien préventifs que répressifs. Elles constituent également une bonne mesure compensatoire aux contrôles aux frontières intérieures ».

Surtout, et le Luxembourgeois ne s’en cache pas, l’avantage de cette formule serait principalement de « remplacer les contrôles encombrants aux frontières intérieures par un usage optimal des moyens de coopération ».

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